Vote des étrangers : le « oui mais » de Patient – France-Guyane (7 décembre 2011)

Article de France-Guyane du 7 décembre 2011

Le sénateur de Guyane a déposé un amendement dans le cadre de la proposition de loi visant à donner le droit de vote aux étrangers. Georges Patient entend cadrer les choses pour l’Outre-mer.

Voilà trente ans que ce sujet revient à la surface telle une baleine qui remonte pour prendre une bouffée d’oxygène avant de plonger dans les profondeurs. Le droit de vote des étrangers est un sujet qui déchire jusque dans les familles, comme la consultation populaire de janvier 2010. Pourtant le sujet revient sur le tapis, plus précisément au Sénat pour un énième débat qui, comme on peut s’y attendre, va déchirer la France.

Dès demain, les sénateurs ouvriront les discussions en séance publique avec une proposition de loi constitutionnelle vieille de plus de 10 ans. Elle avait été déposée à l’Assemblée nationale pour la première fois en octobre 1999. Le nouveau texte vise à permettre aux étrangers résidant en France et non issus d’un pays de l’Union européenne de voter aux élections municipales mais aussi à leur conférer le droit d’éligibilité.

En Guyane, la question semble faire débat. Un récent sondage sur notre site internet a démontré qu’une large majorité des internautes ne souhaitent pas qu’on accorde le droit de vote aux étrangers, même pas pour les élections locales. « Est-ce qu’il faut aller plus vite que l’opinion publique ? » , questionne Jean-Étienne Antoinette, favorable au droit de vote des étrangers. Le sénateur cite l’abolition de la peine de mort qui, à l’époque, n’avait pas eu le suffrage des Français, pourtant, aujourd’hui on ne le remettrait pas en cause.

L’autre sénateur, Georges Patient, est favorable au droit de vote des étrangers mais il pose des conditions. Il a déposé un amendement demandant une meilleure prise en compte des disparités entre les étrangers qui vivent dans les territoires d’Outre-mer par rapport à ceux qui vivent en France. Jean-Étienne Antoinette y introduit un regard « symbolique » : « Celui qui paie ses impôts doit pouvoir choisir son élu de proximité » . Le sénateur-maire de Kourou considère qu’il ne faut pas faire le lien entre « nationalité » et « statut d’électeur » . Pour lui, celui qui contribue au budget communal doit pouvoir s’exprimer. « Un Haïtien présent en Guyane depuis dix ans, qui paie ses impôts et qui va mourir ici, pourquoi n’aurait-il pas le droit ? » , questionne-t-il.

La proposition de loi dresse comme garde-fou l’impossibilité aux étrangers de devenir maire ou adjoints. « La France doit retrouver ses valeurs démocratiques, redevenir un pays avant-gardiste en matière de démocratie » , plaide Jean-Étienne Antoinette. Il y a de fortes chances que le Sénat, à gauche, adopte cette proposition de loi vieille de dix ans mais déjà refusée par l’Assemblée nationale. Et nul doute que les députés, dont la majorité est à droite, refusent une nouvelle fois d’accorder le droit de vote aux étrangers. L’UMP et le Front national ont déjà dit « non » .

Kerwin ALCIDE

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Le sénateur de Guyane a déposé un amendement dans le cadre de la proposition de loi visant à donner le droit de vote aux étrangers. Georges Patient entend cadrer les choses pour l’Outre-mer.

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