Question orale du sénateur Georges Patient – Amélioration de la situation sanitaire de la Guyane – Séance des Questions Orales du 14 juin 2011

Monsieur le Président,
Madame la Secrétaire d’Etat,
Mes chers Collègues,

Cette question me permet d’aborder l’état très inquiétant du secteur de la santé en Guyane. Elle tombe à point nommé puisque s’est tenue le 11 juin dernier à Cayenne une conférence régionale relative au rattrapage des offres sanitaires et médico-sociales.

L’heure est grave.

Le département détient des indicateurs de santé parmi les plus mauvais de France. Il dispose :

-d’une espérance de vie inférieure de quatre ans à celle de la métropole (79 ans pour les femmes, 72 ans pour les hommes),

– d’un taux de mortalité infantile de 10,5 pour 1000 naissances au lieu de 4 dans le reste de la France.

– Des pathologies qui ont des prévalences plus élevées : diabète, hypertension artérielle, VIH, tuberculose. Mais aussi des maladies insuffisamment traitées faute de formation adaptée, de personnel, d’équipements. Je pense tout particulièrement à la drépanocytose.

Le département se singularise également par une densité médicale très faible, (la Guyane est la région la plus désertifiée de France) et par un tissu sanitaire insuffisant. Il y a trois ans de cela, la fédération hospitalière de France mettait en évidence l’énorme insuffisance d’équipements sanitaires de la Guyane. Comparant la Guyane à la Corse, à population équivalente, elle mettait en évidence le fait qu’un habitant de la Corse disposait de 2,5 fois plus de structures sanitaires pour se soigner qu’un habitant de Guyane.

Faire de la santé une priorité en outre-mer constituait l’un des objectifs du Conseil Interministériel de l’Outre-mer présidé par le Président de la République le 6 novembre 2009, qui matérialisait ainsi le Plan santé outre-mer, lancé en juillet 2009. Ce dernier avait pour objectif de prendre en compte les spécificités de l’outre-mer en matière de santé. Depuis, près de deux ans plus tard, c’est la perplexité voire la désillusion qui règne face aux lenteurs dans l’atteinte des objectifs fixés notamment dans le financement des opérations des structures sanitaires, la pérennisation des équilibres financiers.

Un constat unanimement partagé. Mme Huguette Dini, Présidente de la commission des affaires sociales du Sénat, en visite aux Antilles-Guyane en avril dernier dans le cadre d’une mission sénatoriale sur la santé en outre-mer, soulignait que l’appréciation portée par cette mission sur la mise en œuvre du Plan Santé Outre-mer était « décevant ». Les orientations du Projet Régional de Santé (PRS) présenté par le Président de l’Agence Régionale de Santé (ARS) de Guyane en avril 2011, ont fait état du « retard majeur de la Guyane en matière d’offres de santé ainsi qu’au niveau du médico-social ». En effet ce retard s’accentue alors qu’il y a une urgence imposée par la croissance exponentielle de la population, de l’ordre de 3,9% par an, et par les caractéristiques territoriales qui rendent plus difficiles l’accès égal pour tous aux soins.

Madame, j’aimerais savoir quelles mesures envisage de prendre le gouvernement  afin de garantir une égalité des soins de qualité et réduire les inégalités criantes en matière de santé en Guyane.

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