Parole sur article 1er – PjL Office français de la biodiversité – séance du 10 avril 2019

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Mes chers collègues,

En matière de biodiversité, rien n’est l’égale de la Guyane. Ce territoire amazonien compte une immense forêt de 5,3 millions d’hectares et présente une biodiversité exceptionnellement riche faisant partie des écosystèmes les plus importants au monde avec 5 500 espèces végétales, 684 espèces d’oiseaux, 177 espèces de mammifères, et plus de 500 espèces de poisson.

Le paradoxe est établi en voyant l’indigence des moyens que l’Etat, acteur décisionnel affecte à l’étude de cette biodiversité. Néanmoins, je salue la création de l’Agence régionale de la biodiversité de la Guyane, première entité régionale installée en juillet 2018. Soit, deux ans après l’Agence Française de la Biodiversité (AFB) et dont on espère la poursuite des missions sans entrave de la part du nouvel Office français de la Biodiversité. En effet, cette agence contribue d’ores-et-déjà à la structuration des filières locales en matière de faune et de flore. A cet égard d’ailleurs, permettez-moi de mettre en garde contre une transposition à la Guyane de dispositions qui ne lui sont pas adaptées.

D’ailleurs, lorsqu’on parle de faune notamment sauvage, on parle aussi de chasse et sur cette thématique je rejoins mon collègue Antoine Karam qui souhaite des dispositions particulières pour la chasse en Guyane eu égard à l’existence de longues traditions locales ininterrompues et bien établies sur le territoire. En effet, la conception de la chasse en Guyane diverge de celle de l’Hexagone dans la mesure où il ne s’agit pas seulement d’une chasse de loisirs mais pour bon nombre, d’une chasse vivrière ancrée dans des pratiques ancestrales raisonnées et nécessaires à la survie de populations occupant le territoire. Les chasseurs de Guyane jouent d’ailleurs un rôle social incontournable dans le cadre du maintien de la biodiversité, de la connaissance de la faune, en contribuant à l’aménagement des espaces naturels et des lieux de vie des espèces. Ils sont en cela, de véritables gestionnaires de la protection de la nature et c’est à ce titre qu’ils mériteraient d’être entendus dans leurs revendications. Ce faisant, la législation cynégétique hexagonale, même étendue à la Guyane à des fins sécuritaires, est inadaptée à ce contexte amazonien. La Guyane est un territoire sur lequel il n’existait aucune législation en matière de chasse jusqu’à la loi EROM du 28 février 2017, loi qui a tout de même fixé, eu égard à ce contexte particulier, des dispositions transitoires qui se révèlent insuffisantes.

Il faudrait que ce projet de loi portant création de l’Office français de la biodiversité maintienne l’équilibre existant et évite un choc des cultures. C’est la raison pour laquelle je soutiendrai les amendements présentés par mon collègue Antoine Karam qui s’inscrivent dans la droite ligne des travaux produits lors de Assises de la Chasse en Guyane.

Pour terminer, de façon plus globale, il faudrait éviter que pour des raisons liées à la préservation de la biodiversité on ne mette la forêt guyanaise sous cloche, créant un écolonialisme qui entraverait un développement économique devenu urgent en raison d’une expansion démographique inégalée, qui ne pourra plus être ignorée dans un avenir proche.

Je vous remercie

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