Intervention au congrès des élus de Guyane – Cayenne – 14 octobre 2017

Le temps de parole imparti étant limité, j’irai directement à une question que je considère comme essentielle.

Dans six à sept mois nous serons en possession de deux livres :

Le livre blanc du congrès, issu de nos états généraux, qui constituera la base des propositions faites par les guyanais pour leur territoire.

Le livre bleu des assises, présenté par le gouvernement comme le socle des politiques publiques du quinquennat MACRON tournées vers le développement des territoires ultramarins.

Que faire ? Comment faire avec ces deux livres qui non seulement ont la même finalité, le développement de la Guyane, mais en plus sont censés faire appel pour leur élaboration à la même démarche participative et citoyenne et, pour finir, sont censés aussi paraître à la même date ?

On ne doit pas éluder, éviter cette question qui a toute son importance car les deux livres, qu’on le veuille ou pas, coexisteront. S’ils sont identiques, pas de problème. En revanche, en cas de divergences, ce qui est fort probable, quelle attitude adopterons nous ? Pour aller droit au but, sommes-nous prêts à affirmer la primauté de notre « livre blanc », et à l’inscrire dans le marbre du congrès par la prise d’une résolution ?

Ceci pour lever toute ambiguïté dès le lancement de nos états généraux, pour la     sérénité des travaux que nous allons mener et surtout pour ne pas avoir le sentiment que ces travaux ne seront pas pris à leur juste valeur.

Il est nullement question pour moi, ici, de rejeter les Assises, du moins dans leur totalité. La première phase de ces Assises qui se veut participative présente un intérêt certain. Des guyanais vont y participer, feront remonter leurs idées et leurs projets. Là où le bât blesse, c’est dans la phase suivante. En effet les projets Guyane, selon les propres propos de la ministre des Outre-mer, seront triés par une « équipe projets ultra-marins », sous sa présidence, afin de faire émerger des projets structurants pour notre territoire.

En définitive, les choix ne seront pas opérés par nous. Vous l’aurez compris, nous n’avons pas la maîtrise dans les Assises.

Force donc à nous de montrer notre capacité à faire émerger de nos états généraux notre projet Guyane pour lequel notre population nous a mandatés.

Mais que l’on soit bien clair : il nous faut être conséquent et cohérent avec nous-même. Il ne s’agira pas de faire un catalogue déconnecté des réalités et aboutissant à des mesures inapplicables. Il ne s’agira pas non plus de partir « ex nihilo ». Les Accords de Guyane, portés par la population, ont fait l’objet d’âpres discussions avec le gouvernement avant d’être signés par le premier ministre de l’époque. Ils ont été publiés au journal officiel, portés à la connaissance du président actuel qui s’est engagé à les respecter. N’oublions donc pas cela.

Au contraire faisons en sorte que la trame, le fil directeur du livre blanc soient axés autour des  Accords de Guyane avec notamment :

  • le plan d’urgence de 1,086 milliard d’euros
  • la demande supplémentaire de 2,7 milliards
  • et la question centrale de l’évolution statutaire.

Notre cohérence doit se trouver dans notre constance à faire état constamment de ces Accords.

Enfin notre sérieux, notre rigueur à la tâche se vérifieront dans la date de remise de notre copie. Au-delà de six mois, en cas de remise après les Assises, on risque fort « de passer après », « d’être renvoyé à plus tard » alors qu’on ne cesse de réclamer l’urgence. Engageons-nous donc à tout terminer dans le délai de six mois.

Je vous remercie.

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