Discours à l’occasion de l’inauguration d’un rond-point Gaston MONNERVILLE à Fort-de-France, le 2 février 2017

Monsieur le Maire,
Mes chers collègues,
Mesdames, Messieurs,

 

Je suis, ici, en ma qualité de Président de la « Société des Amis de Gaston MONNERVILLE », tout fraîchement élu à ce poste, par la volonté du Sénateur honoraire, Roger LISE, à l’initiative de la constitution de cette société en 1991. A cette époque, Sénateur de la Martinique et Maire de Case-Pilote, ville d’origine familiale de Gaston MONNERVILLE, il a su fédérer les initiatives de tous ceux qui souhaitaient entretenir la mémoire du Président disparu, afin de le proposer lui aussi en exemple aux jeunes générations à l’instar de l’abbé Grégoire, Victor SCHOELCHER, Félix EBOUE. Monsieur LISE a réussi dans sa mission puisqu’il a su me transmettre le flambeau. Un flambeau que je m’honore de porter en respect pour ce grand homme d’Etat que fut le Président Gaston MONNERVILLE :

  • Un homme qui servit trois Républiques,
  • Qui fut résistant,
  • Qui fut permanent du peuple entre 1932 et 1973,
  • Qui fut lauréat du concours de la conférence des barreaux de Toulouse et de Paris et quelques années ensuite représentant syndical des jeunes avocats,
  • Qui 22 fois recueillit la majorité des suffrages des conseillers de la République, des Sénateurs et qui fut ainsi durant 22 ans de la Haute Assemblée, fait totalement rare et exceptionnel,
  • Qui siégea au Conseil Constitutionnel,
  • Qui partagea avec Aimé CESAIRE, un combat commun dans la revendication accordée du statut de département français « aux 4 vielles colonies »,
  • Qui fut l’ami de Félix EBOUE, l’autre preux de Guyane.

Honoré mais aussi et surtout fier, car Mesdames et Messieurs, je suis Guyanais tout comme Gaston MONNERVILLE. Ainsi c’est avec la plus grande gratitude que je tiens à saluer ce geste fort de Monsieur le Maire de Fort-de-France, Monsieur David LAGUERRE et son conseil municipal de dénommer ce giratoire « Rond-point Gaston MONNERVILLE ».

Ce geste de mémoire, de reconnaissance d’autant plus fort que vous faites fi de certains jugements proférés à tout sur le « prétendu reniement de ses origines », en raison de son enracinement dans l’hexagone, en comparaison avec Aimé CESAIRE qui retourne au « Pays natal ».

En fait, comme le dit l’historien André Bendjebbar, Gaston MONNERVILLE croyait en une seule universalité : celle de la citoyenneté. A ses yeux, la langue française est la patrie, la vraie patrie et la citoyenneté française une valeur universelle, intemporelle. Lui « petit pays chaud pouvait l’incarner puisqu’il exerça la Présidence du Conseil de la République, puis celle du Senat pendant près de 18 ans de 1947 à 1988. De son enfance cayennaise au Conseil Constitutionnel, Gaston MONNERVILLE est l’archétype du boursier de la République qui, abandonnant la maison natale à pans de bois de Cayenne prit pour demeure privée un appartement haussmannien dans le 16ème arrondissement et pour demeure publique le palais du Luxembourg. Il ne se passa pas un jour sans que Gaston MONNERVILLE n’exprimât sa gratitude à la Mère Patrie… » Jamais il n’opposa sa fidélité à son pays natal à celle qu’il devait à la France, mère des lois, des lettres, des arts…

Il commença sa carrière politique en Guyane. Député de la colonie en 1932, 1936 et un court moment en 1946 Maire de Cayenne, il régla par son action les problèmes dont souffrait la Guyane. Battu aux législatives de 1946, il la quitta pour mener la carrière politique qu’on lui connaît dans l’hexagone. La métropole le consola de son chagrin guyanais et nourrit sa nostalgie pour ses racines martiniquaises :

  • Ses parents originaires, plus particulièrement de Case-Pilote,
  • Son oncle « Saint Just Orville », Maire de Case-Pilote et dont il prit le prénom comme pseudonyme durant la résistance « Commandant St Just ».

MONNERVILLE n’a jamais cessé de suivre de près la situation de la Guyane et des Antilles :

  • En 1968, il participe au congrès des Présidents des Conseils Généraux en Guadeloupe,
  • En octobre 1975, il se rendait à Cayenne pour inaugurer l’avenue du Président MONNERVILLE et échangeait une correspondance active avec les responsables d’association de son pays natal, de même qu’avec les Guyanais de Paris,
  • Il s’implique également avec ardeur dans le jumelage entre Saint-Céré et Case-Pilote.

« Vivez debout ! » dit MONNERVILLE aux enfants de Case-Pilote, « Luttez pour le respect de votre avenir et de votre solidarité avec vos frères en humanité. »

Monsieur le Maire, se posent les questions de savoir pourquoi cet homme dont on a peine à retracer l’extraordinaire destin n’a pas toute la place qu’il mérite dans notre histoire, notre enseignement ?

Quid d’une station de métro à son nom ?

Quid de son transfert au Panthéon ?

Est-ce dû à son conflit avec le Général De Gaulle et Georges Pompidou, au mot de forfaiture ?

Si c’était le cas, il est dommage que la République récompense de la sorte ses plus grands défenseurs.

En tout cas Monsieur le Maire, par cet acte fort et symbolique, en choisissant ce lieu aussi passant, vous faites rentrer Gaston MONNERVILLE dans la prospérité Martiniquaise. A ce titre et au nom de la société des amis de Gaston Monnerville ainsi qu’à tous ses admirateurs, je vous en remercie infiniment.

Je vous remercie

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